Ce blog a pour vocation de recevoir les créations des élèves du collège Le Clergeon (Rumilly) et de leur faire (re) découvrir le plaisir des mots et des couleurs au travers des rencontres de grands artistes ... Vous Trouverez aussi les écrits de mes anciens élèves du collège Michel Servet (Annemasse) Laissez- vous aller au gré de vos envies, et prenez la plume ou le pinceau pour exprimer vos joies, vos peines ou vos espoirs ...
J'ai discuté avec l'un d'entre vous de Stéphane Mallarmé, poète du XIXè siècle, dont l'écriture est réputée pour être très hermétique ...
Voici deux poèmes qu'il a écrits :
Sonnet allégorique de lui-même
La Nuit approbatrice allume les onyx
De ses ongles au pur Crime, lampadophore,
Du Soir aboli par le vespéral Phoenix
De qui la cendre n'a de cinéraire amphore
Sur des consoles, en le noir Salon : nul ptyx
Insolite vaisseau d'inanité sonore,
Car le Maître est allé puiser de l'eau du Styx
Avec tous ses objets dont le Rêve s'honore.
Et selon la croisée au Nord vacante, un or
Néfaste incite pour son beau cadre une rixe
Faite d'un dieu que croit emporter une nixe
En l'obscurcissement de la glace, décor
De l'absence, sinon que sur la glace encor
De scintillations le septuor se fixe.
La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.
- C'était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S'enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.
J'errais donc, l'oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m'es en riant apparue
Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.